jeudi 3 août 2017

La Fourmi rouge de Emilie Chazérand




titre : La Fourmi rouge
auteur : Emilie Chazérand
édition : Sarbacane
collection : Exprim'
nombre de pages : 254
parution : 23 août 2017
coût : 15,50€
lecture n°57










Synopsis : 





Mon avis :

Merci aux éditions Sarbacane pour cette merveilleuse lecture 


« J’aime le passé. […] Peut-être parce qu’on ne peut pas y revenir et que nos mémoires défaillantes enjolivent tout. »
p217

Ce livre avait l’air léger, comique, sans prise de tête… Mais pas dut tout ! Ce roman, amusant certes, n’en reste pas moins puissant et nous fait ressentir de fortes émotions, toutes différentes. 

« On croit qu’on ne s’habituera jamais à certaines choses. Qu’on ne se remettra pas. Mais malgré soir, le plus souvent, on se fait à tout. »
p15

Vania Strudel n’a pas de chance. A la Roue de la fortune, elle a écopé d’une vie merdique. En plus de nom mi serviette hygiénique mi pâtisserie autrichienne, elle a un oeil qui part en vrille, une mère absente et un père dépeçant les animaux. Bref, elle est la présidente du club des Minables.

« Ca, c’est un peu l’histoire de ma vie. Vania Strudel n’appartient pas à la catégorie des nanas qu’on exhibe comme un trophée de pêche. Parfois, je rêve d’être un poisson tigre, qu’on tiendrait par la queue pour poser fièrement sur une photographie maladroite. Hélas, je suis toute une toute petite prise qui finira au fond de la glacière avant d’être proposée en friture. 
Cela étant… Si c’est vraiment mon destin, je dois tout faire pour être la meilleure petite prise possible dans la vie d’un pêcheur. Quel qu’il soit. »
p123

Tous les personnages (sauf la mère qui est vraiment une ordure de première!) sont attachants. Remplis de défauts et de problèmes, ils savent être drôles et savent surtout se relever. En clair, ils sont humains. Entre Vania qui est juste sensationnelle avec sa façon noire et désopilante de voir la vie et son père, incroyable lui aussi, qui est étrange, humiliant, gênant, mais au final adorable, ma lecture ne pouvait que bien se passer. 
Je me retrouvais donc avec une bonne brochette de personnages haut en couleurs, aux tempéraments différents et que je ne voulais pas quitter. 

«  Alors, d’accord. J’ose décider que je décide d’oser. Ou un truc du genre. Je vais fumer un cigarette. La première de toute mon existence. Et probablement d’un milliard d’autres.
Parce que je vais adorer ça. Elle me donnera un air désinvolte et sûr de moi. Elle magnifiera ma gestuelle. Elle sera le prolongement de ma main. Elle m’autorisera l’accès au coin des fumeurs, où les lycéens en vue ont leur propre zone réservée : celle de la coolitude absolue (Grégoire y passe d’ailleurs chaque seconde de son temps libre…)
Si je m’y met correctement, aves des efforts et de la persévérance, je gagnerai peut-être une voix un peu plus rauque. Légèrement éraillée. Incroyablement sexy,  surtout. Et mes cheveux, s’ils ne cesseront pas d’utre filasses, dégageront au moins cette odeur de tabac froid hyper attirante. 
Je m’assois à côté de Rachel et chope la cigarette. Je pose mes lèvres sur l’emprunte rouge laissée par les siennes et aspire à plein poumons. 
Et je savou…
Wouah.
WOUAH qu’est-ce que c’est que cette MERDE ?!
Si ce le diable a un goût c’est celui-là ! Ma gorge crame, ma langue a des relents de cordon bleus périmés et j’ai instantanément envie de vomir. »
p83

Emilie Charzerand possède une plume époustouflante. Vania s’exprime de façon naturelle et pourtant dans son vocabulaire son casé des mots tels que coït, poubelloscope et bien d’autres encore. Ce qui rend les phrases géniales !

Ce livre, c’est un bout de sa vie, un morceaux de son quotidien. Ce livre nous fait nous aimer tels que nous sommes, avec tous nos défauts et nos bizarreries. 

« - Tu vois : les choses sont parfaites telles qu’elles sont. Si on avait eu le pouvoir de décider, on aurait tout fait autrement, c’est quasi sûr, mais au final on aurait eu super tort. Je crois pas que l’important soit d’avoir le choix. L’important, c’est ce qu’on fat d’une situation qu’on a pas voulu. Je n’ai pas choisi ma maladie. Je n’ai pas choisi que mon père se tire comme un connard. Je ne t’ai pas choisi pour amie. Et toi, tu n’as pas choisi ton ptôsis,[...], et la compagnie de la boule puante sur pattes de Considérant. On ne va pas se mentir. 
[…]
  - Pourtant, c’est ce qu’il nous fallait. C’est ce qui nous convient.

Ok. Alors ce serait ça, bonheur : accepter les choses et les gens tels qu’ils sont pour en tirer le meilleur ? …  »
p235

En définitive, ce livre est un rayon de soleil. C'est une hymne à la joie, à la vie. C'est un anti dépresseurs de la plus haute qualité. C'est un livre à lire et à relire.

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